“EVERYDAYS : THE FIRST 5000 DAYS” de Beeple : quand la blockchain rencontre l’art

L’œuvre ci-dessous, entièrement numérique, a été vendue aux enchères par la grande maison Christie’s le 11 mars dernier pour la somme vertigineuse de 69,346,250 dollars.

L’artiste américain Mike Winkelmann, dit Beeple, qui a réalisé cette œuvre, la décrit comme étant à la fois son journal intime et un flashback des événements marquants des 13 dernières années.

Christie’s décrit l’œuvre comme étant un « ensemble esthétique organisé dans un ordre chronologique lâche, le zoom sur les pièces individuelles révèle des images abstraites, fantastiques, grotesques et absurdes, ainsi que des événements actuels et des moments profondément personnels ».

Si l’œuvre numérique n’est pourtant pas prévue dans le champ de la liste exhaustive de l’article L112-2 du Code de la propriété intellectuelle, elle semble pouvoir entrer dans la catégorie des œuvres protégeables au titre du droit d’auteur dès lors qu’elle laisse transparaître « l’empreinte de la personnalité » de son auteur.

On peut se demander si l’originalité de l’œuvre n’est d’autant pas plus accrue du fait du choix de l’auteur d’avoir recours à la blockchain. En effet, pour garantir la traçabilité et l’authenticité de son œuvre numérique, l’auteur a choisi cette technologie. L’œuvre numérique est un fichier enregistré sous la forme d’un jeton numérique non fongible ou non fungible token en anglais. C’est ce jeton qui garantit l’intégrité et la provenance de l’œuvre.

Cette technique remplit une fonction de registre et de stockage a priori infalsifiable en raison de l’impossibilité de supprimer une transaction enregistrée.

Par ailleurs, l’acquéreur de ce lot a dû payer en Ether, cryptomonnaie qui permet le fonctionnement de la blockchain Ethereum. Selon les modalités de vente convenues entre les parties, le paiement en Ether devait être effectué par le biais d'un transfert d'Ether par un portefeuille numérique à Christie's.

Cet engouement pour cette nouvelle technologie et les potentialités qu’elle offre s’est également ressenti dernièrement en France. En effet, le 17 mars dernier avait lieu la première vente aux enchères de Bitcoin, une autre cryptomonnaie, ayant rapporté à l’Etat la somme de 24 millions d’euros.

Ainsi présentée, la technologie de la blockchain bousculerait les codes et permettrait de renforcer la confiance des amateurs d’art lors de leurs nouvelles acquisitions.

 

EVERYDAYS : THE FIRST 5000 DAYS, Mike Winkelmann, dit Beeple,

 

 

Par Salomée Barkat, élève-avocate.